Je me reveille avec un mal de dos terrible au point de ne pas savoir si je pourrais porter mon sac a dos ou meme supporter le bus. A la pharmacie, le "I have backache" suffit pour que la gamine de 15 ans qui tient la boutique, pendant que sa mere papotte avec une amie, ma ramene de l'ibuprofene 400, ca doit bien marcher !?, une bonne grosse dose d'anti-inflammatoire!
Je quitte Koh Kong a l'arriere d'un bus a cote d'une maman et ses 2 gamins, habillee en pyjama comme beaucoup de femmes au Cambodge (il parait que c'est le vetement des femmes Khmer mais c'est surtout un vrai pyjama, t'as meme les lapins ou les nounours dessus :-)
J'ai hesite a partir, cette petite ville paisible et vraiment agreable, des chutes d'eau a 20 bornes que j'aurais pu faire en becane et un tour a la plage toute proche sans aucun touriste c'etait tentant, mais il est temps de bouger.
Le trajet me rappelle encore enormement la Guyane et la vegetation entre Cayenne et Kourou, les baraques en bois, parfois sur pilotis, a moitie finies, le systeme D encore partout. Sur le long de la route, tous les 500m, une pancarte rouge qui previent des mines si on s'y aventure, ca rassure.
Apres 6h, on arrive dans la banlieue de Phnom Penh, des usines immenses et quelques travailleurs en uniforme qui font leur pause devant, je serais curieux et surement ecoeure de savoir comment ils bossent et combien il gagnent.
Le centre de Phnom Penh n'est pas si grand et les batiments sont de la taille de ceux d'une petite ville de nos provinces. Enormement de scooters et motos, normal, comme en Inde, c'est moins cher et + rapide, et la circulation est toute aussi dangereuse, si on traverse une rue, vaut mieux pas s'arreter sur son elan sinon on rencontre de trop pres les conducteurs qui avaient anticipe notre traversee.
Je trouve une chambre a 5 dollars, il y a moins cher mais ce serait dans le quartier a touristes et tout le reste deviendrait trop cher. C'est souvent comme ca, si le quartier n'est pas touristique, les hotels sont un peu plus chers et la vie est au tarif local, mais si c'est touristique, les guesthouses se battent et ont de bons prix mais tout le reste, restos, touk-touk, ... ne le sont pas et on ne croise que des touristes ou des locaux vendeurs, et autant dire que le rapport n'est jamais tres franc. Donc ma piaule a 5 dollars c'est le grand luxe, je ne m'y attendais pas mais j'ai 2 pieux tres larges, tele et satellite, serviette fournie avec brosse a dent, dentifrice et savon ! Je fais un tour et tombe sur une pizzeria, dur mais je tiens bon et trace, vraiment trop cher. Un poulet frites dans le resto a cote du guesthouse, ca sent un peu la vieille France dans ce resto, tenu par une chinoise, forcement, marrant ^^, c'est plein de routards, ces gars qui ont fait un sacre bout de route, ca se lit sur leurs visages.
Samedi 6 fevrier 2010, moto taxi jusqu'a l'institut Pasteur pour la 4eme injection anti-rage, je suis accueilli par une infirmiere qui parle francais, d'ailleurs tout ici est ecrit en cambodgien, francais et anglais.
Ensuite, direction le palais mais c'est ferme il est midi, marrant pour un lieu touristique mais ca rappelle les fonctionaires francais ... (oui oui, moi le 1er ^^).
Je pars voir Tuol Sieng Museum, un ancien lycee qui a ete transforme en prison et centre de torture par les Khmers rouges sous Pol Pot, Les 1eres explications du guide (gamin il etait oblige de nettoyer ces chambres de torture), sont de suite violentes et choquantes, dans cette salle de cours, un lit de ferraille avec la barre de metal ou glissent 2 anneaux pour tenir les pieds, et la boite metallique comme toilette.
Les prisonniers etaient tortures 3 fois par jour jusqu'a l'inconscience, durant au moins 2 semaines, puis expedies a Killing Field pour y etre executes, et je ne suis pas alle voir cet autre lieu. Sans raison, juste un doute sur leur silence, ils etaient ammenes ici sous pretexte de formation, certains ont meme le sourire sur les photos a l'arrivee pensant vraiment trouver quelque chose de benefique ici. Je tiens 5 minutes avant de sortir de cette pieces remplie de photos.
Comme celle de cette jeune femme trop belle, morte torturee sans raison, ou encore les explications de cet homme, un des 7 survivants, qui nous explique son calvaire, avec le sourire. Tant de morts, tant de souffrance, tant de volonte de faire souffrir, horrible n'est pas suffisant.
Je rentre a pied, besoin de prendre l'air et passe par des petits marches dans les petites rues, cette ville est si agreable, on trouve vite un coin tres calme, comme une immense petite ville, et ces sourires si frequents, des echanges simples et agreables, les gens sont ouverts, accueillants, humbles, reserves et meme timides, respectueux, chaleureux, doux ca resume bien, que du bon.
Je visite ensuite le palais, tant d'or, une petite partie est interdite, residence du roi. Quel contraste encore apres Tuol Sieng...
Retour a pied, la meilleurs facon de decouvrir et connaitre la ville, un peu d'internet pour balancer Ko Chang, cette ile de plage, palmiers et soleil que j'ai deja oubliee (mais pas ses rencontres).
Diner dans la rue, j'entends un gars expliquer que Capitol, ce quartier du centre ou je reside, est reste encore un pur bon coin de travellers. Frites et salade, je suis toujours aussi degoute de la viande depuis ce midi, ce que j'ai ressenti a Tuol Sieng est reste ancre.
Dimanche 7 fevrier 2010. Direction le marche russe, gave de trucs a acheter et envoyer en metropole.
Je pars dans un hopital pour enfants, garder quelques heures une gamine de 5 ans. Ici, les soignants ne font que les soins et ne s'occupent pas des besoins pour la toilette ou le repas, et Yolle, orpheline de 5 ans, n'a pas le droit de marcher, et a besoin de quelqu'un constamment. Trop mignonne et farceuse, elle a vraiment ce caractere des gamins qui en ont deja beaucoup trop vu, tout comme ces gamins des rues a Kathmandu.
Surprise, je m'etais fait quelques petites erraflures sur la cheville en passant entre les 2 chaises durant les jeux a l'orphelinat jeudi dernier, je n'y avais pas fait attention ni desinfecte, et hier l'une d'entre elles s'est reveille, cheville qui enfle de + en +, grosse douleur, trop dur pour marcher, et ca tombe le jour ou je garde Yolle, imagines quand je devais l'emmener aux toilettes, la porter d'un bras, soulever le porte perfusion de l'autre, et deambuler en boitant a moitie pour rejoindre les wc, les 4h ont ete longues car j'attendais la benevole qui venait prendre le relais pour que je puisse a mon tour aller a l'hosto, celui de Phnom Penh.
Calmette hospital, encore un sacre morceau, pas rassurante cette grande salle pleine de lits a roulettes dans tous les sens, quelques regards desabuses et jévite de trop regarder ce qui leur arrive. On m'envoie dans une petite salle aupres d'un infirmier un peu maladroit, il cherche des gaz sterilisees, idem pour une pince et me nettoie la plaie deja seche mais ma cheville est gonflee comme un ballon, je ne me rappellais plus a quel point ca pouvait etre douloureux de nettoyer une plaie infectee. Il me colle un sparadrap sur une compresse, ma demande 5 dollars, me file une ordonnance pour la douleur et et l'infection, et me dit de revenir dans 2 jours changer le pansement et pas de douche en attendant. Je prend ce qu'il faut en pharmacie, 2 jours sans douche c'est pas possible ici et je compte bien nettoyer cette plaie et changer le pansement au moins une fois par jour, j'ai l'experience... Retour en moto-taxi, comme tous mes trajets ici, je suis febrile de douleurs, ca faisait un bail que j'avais pas vecu ca.
Decidement, cote medical en Asie je suis servi, allez, un bilan des 2 semaines : gastro, angine, morsure et injections anti-rage, mal de dos carabine, infection d'une simple plaie au point de peiner a marcher. Je fais tout en meme temps apres je suis tanquille c'est ca ???
Lundi 8 fevrier, ma cheville ne s'est pas amelioree, toujours aussi enflee, mais pas de douleur dans la nuit au repos. Bon, je vais pas bouger, programme devant un ecran d'internet a repondre enfin a tous les mails qui attendent. C'est dingue comme le temps passe tres vite et on le perdre tres facilement sur le net, et je m'en gave encore une fois. Le midi, faut pas le dire a mon toubib, je pars dans les rues a cote et trouve un grand marche couvert, juste un exemple, une allee dans l'ordre : un vendeur de riz, puis un vendeur de TV et lecteur DVD, puis un coiffeur, puis un bijoutier, puis un charcutier ... Je me regale sur un petit stand devant une des entrees, friture au choix et salade avec quelques tranches de concombres trempes dans cette sauce vinaigree/sucree que j'adorais deja en Guyane.
Mardi 9 janvier, petit dej comme hier, cafe glace comme il est bon ici, et salade de fruits frais (babane, annanas, orange, goyage) et un pain au chocolat pas degueu, oui la colonisaion des francais a laisse des souvenirs comme celui la aussi.
A l'autre bout de la table, un francais la 50aine parle avec une Khmer elle aussi la 50aine et une jeune nana de 23 ans. Il explique a la nana de 50 ans, qui a mon avis lui organise des rencontres pour se marier, qu'il ne peut pas epouser cette jeunne fille (vraiment tres belle d'ailleurs) car elle n'est pas eduquee, ne parle pas anglais, et ne sais pas lire. Il lui a ete impossible d'echanger durant les quelques moments qu'il a passe avec elle et il est un peu agace. Il veut rencontrer des femmes eduquees qui parlent anglais, il demande a la femme de traduire qu'il s'excuse de ne pas l'epouser mais qu'il ne peut pas epouser une femme avec qui il ne parlera pas et aussi qu'elle est trop jeune pour lui. La jeune, en comprenant, a un regard toujours aussi blase et me jette de plus en plus de coups d'oeil, oui je sais, mon charme naturel ^^
Je file continuer a numeriser mon a tuer, internet, internet, internet, ou comment passer le temps assis, ca me rappelle tout le temps que j'y perdais, force, durant les 2 annees d'arret de travail, a pas pouvoir marcher facilement.
Je pars avec Henket, un moto-taxi (oui c'est juste des scooters), voir pour le visa vietnam, mais ils demandent les dates d'entree, et je n'en n'ai aucune idee (ma liberte cherie), vu que je ne suis meme pas encore parti pour Angkor. On file vers un petit marche permanent, me trouver un pantalon leger, d'occasion. La vendeuse, Huang, parle anglais. Elle vends des fringues la journee et le soir de 17 a 20h elle va a l'universite etudier l'economie pour plus tard bosser dans une banque. L'education, ici c'est la seule solution, elle a appris l'anglais durant 4 mois et elle se debrouille deja tres bien. Je repars avec un fute a 1,5 euros.
Je file ensuite a Wat Ounalom, un grand centre bouddhiste dans le centre. J'entre dans un petit temple, et suis de suite accueilli par un vieux monsieur qui m'ouvre la porte, avec un bouddha au fond et 1 sur chaque cote. Synchronicite ...
Ce que j'adore ici, c'est la simplicite dans cette image du bouddhisme, beaucoup moins de chichi qu'autour des quelques temples que j'ai vu en France. Ici le stupa, tu habites a cote, alors tu y ranges le balais, et pour la douche, c'est derriere, mais ca prend de la place sur la terrasse quand meme ^^ Le bouddhisme est tellement omnipresent, que c'est naturel et familier, comme les moines qui viennent mendier le matin dans les rues, ou tous ces jeunes en tenue orange, que j'ai croise partout sur les pistes du nord, dans des coins perdus ...
Mercredi 10 fevrier 2010, ma cheville n'a pas change, j'ai peut etre un peu trop marche, en tout cas c'est ... gonfle, peut pas plus ! Je file cette fois a la clinique privee qu'on m'a recommande. J'espere que le staphylocoque dore multiresistant special "Remember Guyana" est pas de retour.
Effectivement c'est different de l'hopital publique. Apres un rapide test de temperature avant d'entrer, on m'ouvre la porte, accueilli par 3 tres jolies hotesses, euh pardon secretaires, mais c'est tout comme, ca donne envie de revenir. Ici tout parait neuf, asceptise, nikel pour accueillir un pooooovre europeen malade. Je vois un medecin presque aussitot, le traitement que je prend depuis 3 jours n'a pas d'effet, il me met sous perfusion 1/2 heure avec un antibiotique puissant que je recomencerais les prochains jours et si ca ne change rien dans 2 jours, il changer de produit, allez on va essayer ca, cobaye session !
Je sors 1h apres ma pause perfusion, la consultation ici c'est 75 dollars, pas la meme que les 5 dollars que m'avaient factures l'hosto pour me desinfecter, mettre un pansement et me filer une ordonnance, allez, ca va marcher ^^
Journee a glandouiller, faut vraiment pas que je marche.
Allez, ce soir je pars me faire masser. Je tombe sur un centre de massage, tenu par des chinois. La masseuse ne parle que chinois et le massage n'a rien d'extraordinaire, c'est pas mal mais c'est loin de valloir le massage javanais que j'ai eu a Paramaribo et que je veux apprendre a Java ... A la fin, je lui file les 6 dollars prevus et elle demande un pourboire. Je veux bien lui filer un petit truc, mais 6 dollars c'est deja bien paye pour ce massage pas genial, je lui sors un petit pourboir et elle s'agace en chinois, pas assez selon elle. Alors que j'emerge juste du massage, c'est dur de voir cette nana qui s'agace toute seule car elle a pas pleins de thunes en plus alors que je suis europeen et plein aux as ! Je pars vraiment decu, du massage, de la masseuse, du centre, je le saurais pour la prochaine fois. Et la prochaine fois ce sera le repute centre de massage faits pas des aveugles.
Diner excellent, des pates, une mixture avec des oeufs, une saice excellente et des legumes croquants.
Un tour au coupe-tifs, j'arrive juste devant un salon et 2 nanas m'ouvrent la porte, c'est vraiment tout fait pour faire un max de clients ici, et il y a une 10aine de salons dans la meme rue. Pour se faire couper les chveux a Phnom Penh, ca doit etre dans ce quartier. Le gars se met direct au boulot, au debut aux ciseaux, puis tondeuse mecanique a main, puis celle a moteur qu'il finit par utiliser sans meme prendre son peigne comme sabot, et le boulot est nikel pour 2 dollars et 20 minutes.
Jeudi 11 fevrier, pour le petit dej, je retourne a la clinique me faire perfuser cette mixture speciale de degonflage du pied (oui la cheville aussi je sais ^^, c'est l'effet secondaire du blog ca). Je pars ensuite voir si je trouve un centre de massage, les masseurs sont des aveugles et le centre est repute, mais je ne le trouve pas. Je me ballade dans le coin a touristes, riverside, esperant trouver LE pur sandwich, mais ce que jý trouver ne me tente pas ...
Faut avouer que cette friture de sauterrelles, ou de scarabes ou de serpents d'eau je ne l'ai pas vu souvent ailleurs que dans ce coin a touristes, surement un truc qui marche en fin de soirees et avec les "t'es pas cap !"
Je passe devant un supermarche, entre (ouais le shopping j'adoooore), et je vois le reve depuis des semaines, une baguette, et du roquefort et ce sera un bon sandwich ce midi, a un prix de barje mais pour une fois ca se refuse pas. Retour a pied au guesthouse, je devrais pas mais marre de prendre un motodop a chaque trajet et j'ai pas mal au pied meme si ca va pas l'aider a degonfler. sandoche dans ma piaule , devant le film Wolverine contre Magneticman ou un truc dans le genre sur le satellite. Et cet apreme, glandouille sur le net encore apres une petite sieste.
Vendredi 12 fevrier, perfusion encore, mon pied a desenfle un peu. Location velo, et ballade a me pedre dans les petites rues. Rien de passionnant, il est vite temps que je file !
Samedi 13 fevrier 2009
Je file au dernier rencard a la clinique, derniere perfusion, mon pied a repris sa taille normale, et je reparts avec un lot de cachetons... a velo, faut pas le dire au toubib qui m'a dit "pas marches ni de velo".
Tout est ferme pour le nouvel an chinois (et tibetain !) et les cambodgiens en profitent pour se poser des apres midi de conge, et c'est un luxe.
Je pars a velo pour le Russian Market, un coin ou on trouve des legumes, des snacks pas forcement tres tentants a 1ere vue, et pleins d'echoppes de souvenirs, et je me regale dans une allee, avec pleins de petits objets que j'ai durement negocie, souvent avec un grand sourire en face comme le mien, trop agreable de faire des bonnes affaires ici.
Dimanche 14 fevrier. Je marche avec cette cheville vissee dans tous les sens depuis 3 ans, sacre anniversaire et joli palmares !
Je prend un ticket de bus pour Siem Reap mais m'arreterais a mi-chemin, a Kompung Thom. Un petit patelin avec une route qui part vers le nord, ces coins pas touristiques, aux pistes et petits chemins defonces, a dormir chez les habitants du coin et visiter des temples recules ou on est parfois seul dans la jungle, un vrai scenario díndiana jones, et tout ca je vous le raconte la prochaine fois, en tout cas ca va etre un sacre plein d'images et d'emotions.
Les photos
Bonne St Valentin !
Et de mon cote, c'est avec tout l'amour que j'ai toujours pour mon oncle Alain qui est parti alors que je prenais les premieres pistes du nord du Cambodge et decrouvrais lundi ce 1er temple magnifiquement tenu debout par les racines d'un arbre grand, humble et bon, tout comme mon oncle.
Salut tonton !


1 commentaires:
un plaisir de te suivre!!!
bisous
les Bellon
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