jeudi 6 janvier 2011

La Chine

Vendredi 6 aout 2010
Je suis à Hong Kong, réveil et petit déjeuner dans un véritable petit café. J'envoie un colis en France avec quelques fringues et affaires qui allègeront mon sac à dos et je file récupérer mon visa à l'agence, ca fameux visa trop difficile à avoir directement à l'ambassade chinoise, alors que cette agence ne demande qu'une photo et quelques dollars.
Je prend un train pour Gangzhou, première ville a 2h de Hong Kong, en Chine, et point de départ vers plusieurs destinations possibles.
Arrivé à la gare, formalités de douane, vérifications scrupuleuses des passeports et visas. Je réserve immédiatement un train pour Chengdu, ville située à la frontière du Tibet, ou je tenterais d'obtenir un permis spécial pour entrer et faire mon bout de chemin. Le départ est demain a 18h, il n'y a pas de départ possible plus tôt, et je n'ai aucune idée de la durée du trajet, 1 jour ? 2 jours ? Je ne sais pas non plus si c'est une place en couchette, un fauteuil, une banquette à partager dans la classe économique. La nana du guichet ne parle pas un mot d'anglais et n'a aucune envie de s'embêter à se faire comprendre. Inch allah je verrais bien.
Je prends le métro a Gangzhou jusqu'à un endroit ou j'avais repéré un hôtel pas cher sur ma copie du Lonely Planet qui me sert rarement, mais il est plein. Je cherche difficilement avec mes questions gestuelles aux gens de la rue car personne ne parle anglais, les 5 autres hôtels sont pleins également.



Je finis pas en trouver un, après 2h de recherche le sac sur le dos, bretelles bien enfoncées dans mes épaules, c'est une chambre pour 15 euros et je ne fais pas le difficile pour juste une nuit, presque tous les hôtels ici sont au moins à ce prix là, car ils proposent tous un certain confort dont je me passerais volontiers, télévision avec 5 chaines de manga ou de séries chinoises qui passent en boucle, salle de bain avec VMC, air conditionné, carte électronique pour accéder a la chambre, et avec tout ça, l'hôtel est en constante rénovation, aménagement, travaux, des sacs de ciment dans les couloirs moquettés, des murs en construction pour boucher un autre couloir qui débouche sur le vide, la même image que j'ai de la Chine qui grossit très, trop vite.

Samedi 7 aout 2008
Je ne prends le train que ce soir et je pars faire le tour des rues alentours. Je m'achète un jeu de go (weiqi, baduk, igo) portable pour 3 fois rien, si je croise un joueur de ce jeu chinois, ce serait un plaisir, peut être demain dans le train.
Une vendeuse de housses pour iPhone, tente d'y loger ma copie et finit par fendre l'écran en appuyant dessus. Dommage car ce gadget bien pratique pour internet n'avait que 2 jours ^^.



Je trouve le petit magasin que la vendeuse m'a indiqué, une simple petite pièce remplie de téléphones d'occasion en vitrine tous plus ou moins rafistolés, 5 ou 6 vendeurs derrière le comptoir qui sont tous au taquet avec tous les clients, On me change l'écran pour 200 RMB (20€), en juste 1 heure, que demander de mieux !? Étonnant qu'ils aient toutes les pièces de rechange dans ce boui-boui qui a tout pour réparer les portables, et même pour changer un façade d'iPhone !

Les Photos de Guangzhou, certaines étonnantes !

Je file a la gare, immense. La salle d'embarquement est toute aussi immense et pleine de voyageurs, c'est impressionnant.



Mon wagon a des rangées de 5 sièges sur la largeur, 110 personnes, des sièges inconfortables au dossier trop relevé pour s'y assoupir en étant assis, et je suis coté couloir, pas de fenêtre pour me retenir si je m'endors, il me reste un coin de cette petite demie table accrochée au mur pour y plier les bras et y poser la tête. Mon voisin d'en face parle 3 mots d'anglais, il a été soldat au Tibet durant 8 ans.



Très peu d'échanges, personne ne parle anglais et on a déjà atteint nos limites de conversation avec mon voisin, beaucoup de regards fixés sur moi, gênant et je finirais par m'y faire. Un groupe se forme autour de nous lorsque mon voisin me traduit quelques mots en chinois qui me seront utiles durant le voyage, les mots de base comme "bonjour", "merci", et également les chiffres, qu'on indique ici avec la main sans plus avoir besoin de les dire, simplement les doigts de 1 à 5, puis quelques positions de doigts différentes pour les chiffres 6 à 10.
Après la liste des mots que je lui ai demandés, il tient à ce que je rajoute un mot à ma liste, "money". Ça me rappelle ce que m'avais dit une personne que j'ai croisé a Hong Kong : "Les chinois sont très fort en affaires et si la négociation n'est pas suffisante, ils ont également inventé la poudre^^."
Durant ces premières heures, beaucoup de passagers viennent s'installer près de moi, juste pour me regarder. Des regards fixes, curieux, beaucoup viennent voir le touriste qui voyage dans la classe économique. C'est vraiment frustrant de ne pouvoir échanger que les mots les plus simples, gênant d'avoir tous ces regards et commentaires incompréhensibles, et au bout de quelques heures je me résignerais et m'habituerais à passer pour l'attraction, avec mes cheveux blonds et mes yeux bleus.



Un gars qui bosse dans la compagnie du train débarque dans le wagon, et durant 1/2 heure, nous vend, comme sur un marché, des ensembles collier + bracelet censés réduire les mauvaises ondes qui nous entourent d'après ce que j'ai compris de la photo d'emballage. Il en vendra une dizaine dans ce wagon pour un bon prix. Il recommencera dimanche matin en vendant un ensemble de brosses a dents et dentifrice pour un bon prix encore, et sa collègue, a 2 autres moments, aura moins de succès ou d'expérience de la vente pour des pendentifs en pierre verte, ou plus tard des jeux en plastique. Les passagers sont à chaque fois a l'écoute du vendeur qui parle si fort qu'on ne peut rien faire d'autre que l'entendre, et tant de gens sont a l'écoute et achètent que c'est tentant de faire de même, pour passer le temps durant ces longues heures de trajet et pour juste quelques RMB.

Dimanche 8 aout 2010
Je n'ai pas dormi de la nuit, impossible, même assis par terre la tête sur l'assise du fauteuil, impossible de me loger sous le fauteuil, le peu de place a déjà été pris bien avant, et poser la tête sur les bras en croix sur le coin de table n'est pas possible plus d'une demie heure, une vraie nuit blanche.
Mon voisin me paie une soupe au réveil, bien pimentée, ça aide a émerger de je ne sais quel état vaseux... Il aimerait m'emmener au Tibet mais c'est impossible de lui expliquer que pour y entrer, je dois avoir un permis, suivre un groupe, avoir un guide officiel, un permis, des réservations et tout le toutim demandé par la police chinoise ...
Pas de télévision dans notre wagon, c'est la classe la moins chère. La TV c'est dans le wagon suivant une classe au dessus, mais on a quand même le son du film qui passe, diffusé dans les haut parleurs de notre wagon.
Je découvre les chinois, ils semblent durs, directs, ne se gênent pas avec des manières pour parler, pour vivre a leur aise, lorsqu'ils veulent faire quelque chose, ils le font sans attente ni hésitations. Et je commence a apprécier cette mentalité simple, franche et adaptée à la vie (ou survie) ici.
Il est 11h du matin, déjà 2 heure de retard et je commence à comprendre que l'arrivée à Chengdu ne sera pas pour aujourd'hui mais plutôt pour demain. Je rêve d'un lit, un vrai, ou même juste un endroit ou m'allonger et malheureusement, sous les sièges c'est impossible car déjà rempli, tout comme sur la rambarde à bagages au dessus de nous. Le wagon était froid cette nuit et j'ai du enfiler les seuls vêtements que j'ai, 3 tee shirts les uns par dessus les autres, l'air conditionné est réglé bien trop froid et beaucoup de personnes tente de dormir en se tenant les bras croisés. A l'arrivée demain matin, beaucoup de personnes tousseront, la climatisation est souvent réglée trop forte.



Le paysage est excellent et rappelle celui de Ninh Binh, au sud d'Hanoï au Vietnam, ces buttes rocheuses qui émergent du sol plat tout autour, comme une baie d'Halong terrestre. Je me paie un paquet de gâteaux dans une gare lors d'un arrêt pour changer de leur assiette de riz pimenté, et je découvre plein de petits champignons sur les gâteaux lorsque j'ouvre le paquet, périmés. Encore une vente faite par un des employés du train ce soir, un pendentif avec notre animal du signe astrologique chinois pour seulement 5 RMB, une affaire ! J'ai dévore la moitié du livre "Corto Maltese" , il est aventurier, chanceux, énigmatique, qui parcourt le Pacifique, facile de plonger dans cette histoire !
Une employée du train a passe le balais 5 ou 6 fois sur les 30 heures de voyage, avec à chaque autant de détritus à ramasser par terre que les passagers ne s'embêtent pas a mettre dans la petite poubelle de table, un plateau inox qui prend la moitié de cette petite table sur laquelle j'essaie parfois de me reposer a défaut de dormir, la tête sur mes bras croisés. Le soir, encore un petit groupe de 15 personne autour de Peng Cheng Yang, mon voisin, et moi qui essayons encore de nous comprendre et d'échanger 3 mots, trop difficilement, mais une fois pas jour c'est déjà un bel effort, et c'est un bon spectacle plein de commentaires, de sourires, de rires, de regards des auditeurs, en plus de leurs regards me détaillants, auxquels je commence à m'habituer, à force -:)

Lundi 9 aout 2010
Je n'ai encore pas dormi de la nuit et ... enfin ! Ma voisine de banquette arrive à sa destination et quitte le navire a 6h, me libérant la banquette d'un mètre de large durant les 4 heures de trajet qu'il reste, et quel pied ! Je ne pensais pas pouvoir autant apprécier a ce point un confort si étroit, dur, bruyant, sous constante surveillance de coups d'oeil de mes voisins, enfin bref, le pied !
On arrive a 10h, mon ami de voyage me réveille aussi énergiquement qu'il s'active d'habitude. On débarque dans la grande gare de Chengdu, 4 millions d'habitants. On se prend un déjeuner, un simple plat de nouilles bien pimentées, en espérant se recroiser, même s'il y a peu de chances, et je ne peux lui expliquer avec nos rares mots communs, que je ne peux pas partir librement visiter le Tibet avec lui a cause de l'obligation d'un permis TTB officiel + groupe + accompagnateur + réservations etc.. obligatoires. Il m'aide a trouver un bus qui m'emmènera vers un quartier ou je chercherais un guesthouse.



Le conducteur du bus est plutôt stressé, il crie ou hurle parfois aux passagers d'aller se pousser vers le fond pour que d'autres puissent monter, il donne de grands coups d'accélérateur aux démarrages pour que tout le monde soit poussé vers le fond du bus, pas assez efficace, alors il recommence a chaque démarrage, il klaxonne sans interruption chaque véhicule devant lui en pensant que le véhicule va disparaître grâce a son klaxon magique, et il m'indique gentiment mon arrêt ^^.
Je trouve un guesthouse où j'ai un lit à un bon petit prix en dortoir, pas besoin d'en chercher un dans 5 ou 6 hôtels différents comme à Chengdu cette fois-ci. Dès mon arrivée, j'apprends, comme je le pressentais, que le Tibet est d'un accès trop compliqué. J'espérais partir en groupe jusqu'à Lhassa, puis quitter le groupe en chemin pour en joindre un autre jusqu'à un endroit que je souhaite visiter, un endroit assez reculé dans les montagnes. La seule possibilité de rejoindre le Tibet : la nana du guesthouse m'indique le prix du billet d'avion que j'avais déjà estimé, elle y ajoute le prix du tour organise que je suis obligé de rejoindre pour 6 jours a Lhassa pour pouvoir obtenir ensuite un permis d'accès au Tibet, et pour finir elle me dit que je dois décider tout de suite car les officiels sont en vacances pour 10 jours dès demain et ce sera dès lors impossible d'obtenir un permis TTB, qui permet d'entrer au Tibet. Après trop de calculs et tentatives, je dois me résigner.
Je pars ensuite voir 2 ou 3 magasins de fringues de montagne, les prix des vestes et sacs de couchage, chers, puis vais me poser dans un parc avec un jeu de go (jeu de Weiki) dans mon sac, des fois que je puisse inviter un joueur chinois a une partie. Pas de joueurs de go ici, surtout des d'échecs chinois, avec quelques billets sur la table. Un gars me nettoie les oreilles dans le parc avec des tiges fines pas rassurantes et je me prends une belle saucée avant de revenir a l'hôtel, changement de saison.

Mardi 10 aout 2010
Réveil tardif, et humeur des plus mauvaises, en me demandant si je continue mon voyage vers la montagne, vers le Tibet, ou si j'arrête tout. Je prend le bus pour aller me balader et découvre le shopping chinois, un mall entièrement rempli de magasins de polos, ensuite un autre rempli de jeans, les magasins débordent dans les couloirs, les vendeurs dorment sur leur bureau car trop peu de clients viennent les déranger.



Je mange un plat de soupe de nouilles excellent accompagne entre autres de petit morceaux de cèleri qui ajoute ce petit goût acidulé délicieux. Aux toilettes, les WC turcs n'ont pas de porte. Je trouve enfin une salle internet assez grande et me prépare a y passer 2 heures pour rédiger beaucoup du contenu du blog, mais la nana à l'accueil qui ne parle pas anglais me fait lire un message en anglais préparé pour le montrer aux étrangers : "Le gouvernement chinois interdit de fournir internet aux étrangers", la partie sombre de l'ouverture et de la communication chinoise ^^. En revenant à l'hôtel, je découvre le quartier derrière mon hôtel, un quartier tibétain où il y a pleins de petits magasins de fringues, tibétaines et d'objets bouddhistes, des statues, des peintures de déités, des bijoux.



Un sac de couchage pour 10 euros et une veste chaude, ces chaudes vestes tibétaines garnies de moumoute à l'intérieur et les manches trop longues qui peuvent couvrir les mains lorsqu'il fait froid, 12 euros, facile à choisir comparé aux copies North Face à 40 euros minimum. Dîner pour 0,60 euros d'une excellente assiette végétarienne de différents légumes, soja, et de riz dans une échoppe tibétaine remplie de quelques moines bouddhistes aux regards curieux puis aux sourires accueillants.




Mercredi 11 aout 2010
Journée dégustation, déjeuner excellent et énorme, assiette de riz et tomates, assiette de porc aux haricots, grand récipient de soupe aux légumes et nouilles, et un récipient de riz, auxquels la serveuse ajoute une boisson au lait et sirop de pomme, je suis repus. Et pour le diner, je découvre le Hot Pot, spécialité de Chengdu, deux bouillons assaisonnés de différents épices, herbes, et pièce de viande, dont un bien relevé en piments, sur un feu à gaz au centre de la table, dans lesquels je plonge des légumes et morceaux de viande que a commandé, j’en ressortirais rempli ^^




Jeudi 12 aout 2010
Je rencontre un petit groupe de bouddhistes qui revient d'un village appelé Dzogchen, à 3 jours de transport d'ici, un endroit qu'ils me décrive en plein milieu de la montagne, rempli de temples et de moines. Un maître reconnu en occident, qui vit en Belgique maintenant, y a fait construire 2 temples parmi beaucoup d'autres, il a été reconnu par le Dalaï Lama comme étant la réincarnation d'un certain Patrul Rinpoché.
Dîner excellent le soir encore, avec un ami chinois.



Lorsque je lui demande son avis sur la Chine installée au Tibet, la discussion devient difficile, il me demande si mon anglais est parfait, si j’ai parfaitement compris ce que m’avait dit un ami tibétain, Tashi, concernant sa fuite du Tibet et les difficultés qu'il rencontrait, et si Tashi a lui aussi un anglais parfait, sans ajouter que sinon je risque de ne pas saisir correctement ce qu’il a dit. Une façon adroite de mettre en doute mes critiques du contrôle du Tibet par la Chine.
Le Tibet était resté une province autonome administré par le Dalaï Lama jusqu'en 1949.
Ballade le soir, dans un petit parc des chinois dansent, une petite animation sûrement quotidienne de ce quartier, la plupart sont des personnes âgées et je m’amuse a valser avec une mamie toute heureuse.
J’achète mon billet de bus pour prendre la route pour Kangding demain, sur la route du petit village de Dzogchen.

Les photos de Chengdu

Vendredi 13 aout 2010
Je pars pour le Tibet. 8h de bus assis à coté d'une chinoise souriante qui parle anglais autant que je parle le chinois. Une pause déjeuner dans un petit snack ou je me régale de ces pommes croquantes.



Paysage de plus en plus montagneux a suivre un large fleuve, qui devient une rivière bouillonnante dans cette vallée escarpée, des passages étroits permettent tout de même d'accrocher une large route pour accéder assez vite à Kangding. Des tunnels, des chantiers dès qu'il y a un peu de terrain exploitables qui ne le sont pas encore, les chinois s'installent encore, partout, et fermement.
Arrivé à Kangding, 19h, où je dois négocier fermement une chambre face a la gare routière d'où je pars tôt demain matin pour Ganze.



Une petite chambre ou je touche le plafond de ma tête, et le lit prend toute la place de la "chambre", heureusement le lit a 2 places dont une pour pouvoir y poser mon sac.

Samedi 14 août 2010
Levé a 5h, j'achète 3 gâteaux dans une épicerie, passe mes bagages au scanner de la gare routière, le même appareil que dans les aéroports, sûrement mis en place après les évènements de rébellion du Tibet. Le minibus est déjà plein, mais 3 gars finissent par le quitter car ils n'avaient pas de billet et tentaient de payer directement le chauffeur de quelques billets de la main à la main comme ca se fait souvent. On part à 6h, pas confortable mais je suis motivé pour rejoindre Dzogchen. Les pauses sont rares, 2 ou 3 sur les 14 heures de trajet (contre les 9 heures annoncées dans le Lonely Planet), le chauffeur roule lentement, un des pneus du double essieu arrière s'est crevé dans les passages en travaux et on le change sur un bord de route.



Une cabane de bois et une famille est là pour ça, à regonfler les pneu ou les changer contre d'autres qui ne sont pas crevés mais tout aussi lisses, comme tous ceux du minibus, rassurant pour la suite du trajet sur cette route accidentée qui est plutôt une piste boueuse sous la pluie qui nous emmènera à passer quelques cols par des petits voies étroites et tout aussi dangereuses. La Chine refait la route, et pour l'instant c'est une mauvaise piste sur une des 2 voies et sur l'autre voie une bande de bitume 20cm de hauteur qui s'allonge sous les efforts d'ouvrier et ouvrières tibétains qui déversent leurs brouettes de béton sur cette route véritablement faite a la main, comme on coulerait la dalle d'une maison. Le long de la "route", les zones dangereuses des chantiers sont délimités avec ces drapeaux colorés de prières bouddhistes qu'on voit partout ici.
Durant les 10 premières heures du trajet, slalom entre cette piste et quelques longueur de la nouvelle route, puis les 4 dernières heures sur l'ancienne route pleine de pièges assez profonds pour emmener le minibus en bas du ravin, que le chauffeur évite adroitement par des coups de volant vifs malgré ses longues heures de route et ses yeux rouges, sa gourde ne doit pas contenir que du thé pour qu'il se mette a parler et rigoler tout seul durant les 2 dernières heures de route.
Arrivé a Ganze, beaucoup de travaux, ici aussi la Chine aménage les routes, les petits magasins sont poussiéreux et me rappellent l'Inde et le Népal. Les habitants, tibétains pour la plupart, des moines, beaucoup de femmes en costume traditionnel et des hommes avec ce ruban rouge vif qui retient leurs longs cheveux bruns.



Je me trouve une chambre face à la gare routière, chère, alors qu'une grand mère me proposait une chambre encore plus chère dans son petit appartement 2 pièces. Un dîner riz omelette et tomates comme j'aime et comme j'en mangerais beaucoup pour améliorer les quelques légumes ajoutés à l'habituelle assiette de riz de tous les repas. J'achète une veste imperméable pour couvrir ma chaude veste tibétaine contre la pluie car demain je rejoins le petit village de Dzogchen, encore 1000 mètres plus haut.

Dimanche 15 août 2010
Attention aux âmes sensibles ... Un rapide tour dans ces WC infâmes qui empestent tout le couloir de cet hôtel, ce sont 2 WC turcs, déjà remplis a raz bord, pas de séparation entre les 2, la porte ne ferme pas, rien de plus simple ^^. Petit déjeuner après ces péripéties (on s'habitue à tout ^^) dans cette rue grise, humide, en chantier, un bol de riz bouilli qui baigne dans l'eau douce et laiteuse de la cuisson, des momos vapeur aux légumes et une petite portion de choux pimenté, la 2ème claque après celle des WC... Il n'y a pas de bus pour rejoindre Dzogchen. Je pense partir en stop mais un taximan me négocie le tarif à 400 rmb et on part.
Il y a un bouchon sur cette route, ou plutôt cette piste qui longe l'autre voie d'une route en construction, les camions chargés trop lourdement doivent manœuvrer dans des espaces restreints et chaotiques pour libérer la voie.



Après 1/2 heure de trajet, le chauffeur tente de changer le tarif du voyage en me demandant davantage d'argent qu'au départ. Je descend du taxi, tout aussi furax que lui, qui veut, en plus d'un trajet payé plus cher, que je paye également pour mon siège défoncé qu'il m'accuse d'avoir abîmé, un siège qui tient je ne sais comment dans sa voiture déjà pourrie et dont il doit tenter de faire payer les réparations à tous les touristes qu'il emmène. On est limite à se taper dessus mais il se calme enfin. Je commence à faire du stop, peu de passage à cette heure, et mon ancien chauffeur n'est pas encore parti de son coté, je sens bien là qu'il se rend compte que son coup tordu ne fonctionnera pas et qu'il vient de perdre un client. 10 minutes plus tard, il revient vers moi en tentant encore de négocier et il finit par réduire le prix en prenant 2 autres passagers, des soldats chinois qui rejoignent une garnison qui contrôle l'accès au Tibet, accès après lequel il faut un permis (et beaucoup d'autres choses) pour les touristes.
La route, c'est une piste, 4 heures, un paysage qui rappelle le Népal, après avoir passé un col, une grande vallée, des petits villages aux maison magnifiques de pierre et de bois, décorées et peintes,



de grands espaces avec ces inscriptions géantes sur les flancs des collines et montagnes, au dessus des villages, du mantra bouddhiste "Om Mani Peme Houng" récité par tous les tibétains, des grands champs de drapeaux de prière, arrangés suivant leurs couleurs, quelques grandes tentes noires de nomades, éleveurs de yaks, chevauchant les plaines avec leurs mustangs pour rejoindre leurs campements,



tout ça avec les derniers rayons de soleil de l'été, il fait bon, a 4500 mètres, on est juste sous les nuages, le ciel est si bas ici ! Un dernier col avec une vue sur un lac couleur émeraude caché entre les montagnes,



puis on arrive a Dzogchen (prononcer "Tsoutchi").
Dzogchen est un petit village, dans cette vallée juste au pied d'un glacier . Je déjeune dans un petit restaurant tenu par un couple de chinois, dans ce village tibétain, puis je continue mon chemin, traverse le village et suis le petit chemin qui monte derrière, dans une petite vallée abritée du vent par la montagne qui l'entoure. Il y a pleins de temples, une université bouddhiste, des moines et nonnes de tous âges, j'y passerais 2 semaines ....


Toutes les photos du voyage en Chine



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